02/06/2007

Elena San José

Elena San José

Balcon bleua

On a mis l’aquarelle à toutes les sauces et on l’a reléguée trop souvent dans le domaine décoratif avec trop de fleurs, de paysages bien réalistes et d’intérieurs bcbg. Il y a quelques bons aquarellistes abstraits mais ils sont si rares qu’ils se perdent un peu dans la masse des douceurs sucrées que l’on présente trop souvent.

Il est donc absolument indispensable de souligner l’œuvre d’une artiste qui continue la tradition du paysage mais sans cette précision appliquée souvent considérée comme allant de soi pour la peinture à l’eau.

Née en pays catalan, établie de longue date en Belgique, Elena San José retourne souvent au pays mais voyage aussi à travers l’Europe et nous rapporte des « choses vues » mais pas n’importe quoi. Elle travaille par coups de cœur et, comme le photographe, elle saisit l’objet de son émerveillement à la manière d’un « instantané ».

Sa vision des choses capte un cliché vivant, un détail qui marque l’histoire d’un mur en ruine, d’un clocher qui survit.. Lorsqu’elle s’arrête devant les balcons, elle n’y suggère aucun détail romantique : les murs sont nus, le tableau n’est pas habité car les fenêtres fermées gardent leur mystère. Un peu plus loin c’est le vieux monastère presque en ruine mais qui laisse deviner la vie d’autrefois rythmée par la prière et les chants religieux.

ermita 2a

Plus émouvante encore est cette église survivante qui témoigne au cœur de Berlin reconstruite ou ces églises noyées dans les barrages et dont les cloches restées en place font naître des histoires nocturnes, un rien fantastiques.

Elena San José capte les sujets les plus banals, comme ces reporters qui situent une action, un pays, en un seul cliché. La pente d’un toit surmonté de cheminées, les découpes d’une façade à pignon, tout lui est bonheur de peindre d’une touche légère, très enlevée. C’est la longue pratique et la précision du geste qui donnent ce résultat de spontanéité. Car la facilité apparente de l’image résulte d’une technique d’autant plus précise qu’elle se fait oublier.

Anita NARDON

La Petite Galerie,
rue de Livourne 1a ,
1060 Bruxelles
tel 02 537 67 50

Du 6/6 au 1/7/2007
du mardi au samedi de 14h30 à 18h30
dimanche de 11h à13h


16:39 Écrit par Anita Nardon dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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